
Danny Forster
Directeur d'EHPAD, ancien aide-soignant
Son parcours est inhabituuel dans un secteur où les directions se recrutent presque exclusivement parmi les diplômés des filières gestion ou santé publique.
Il est entré dans les EHPAD par la porte du soin, et en a repris les études par le haut, sans baccalauréat au départ.
Son parcours est inhabituuel dans un secteur où les directions se recrutent presque exclusivement parmi les diplômés des filières gestion ou santé publique. Il est entré dans les EHPAD par la porte du soin, et en a repris les études par le haut, sans baccalauréat au départ.
Le secourisme, puis le soin
L'engagement commence tôt : à dix-sept ans, il est déjà secouriste à la Croix-Rouge. Le soin n'arrive ni par défaut ni par hasard, c'est une orientation prise avant l'entrée dans la vie professionnelle.
Il passe le concours d'aide-soignant et enchaîne les contrats, en intérim comme en soins à domicile. Cette période lui donne ce qu'aucune formation ne donne : la connaissance physique du métier, le rythme réel d'une matinée de soins, ce que représente un effectif incomplet un dimanche.
Le constat qui déclenche tout
De cette expérience naît la décision de changer de position. Il découvre des établissements où le manque de moyens se double d'un manque de considération pour le personnel, où les animations sont réduites au minimum alors que les familles paient des tarifs élevés. Il a résumé ce moment par une phrase simple : ce qu'il voyait là, c'était ce qu'on promettait à ses propres parents.
Plutôt que de quitter le secteur, il choisit d'y monter, avec un objectif explicite : diriger, pour pouvoir décider.
Reprendre les études sans le baccalauréat
N'ayant pas le baccalauréat, il passe un DEAU, qui ouvre l'inscription à l'université, puis enchaîne une licence de droit et un master.
En 2020, il sort avec deux masters en droit social : gestion du secteur sanitaire et social, et ressources humaines. Ce second choix n'est pas accessoire : diriger un EHPAD, c'est d'abord gérer des équipes sous tension, des plannings impossibles et des recrutements qui n'aboutissent pas. Il ajoute une année de master 2 Carrières publiques à Sciences Po Aix.
La direction d'établissement
Son premier poste de direction est celui d'un établissement privé de soixante lits en Eure-et-Loir, qui lui laisse une autonomie complète. Il y met en place des animations et des formations pour les équipes, notamment sur l'accompagnement de fin de vie. Il rejoint ensuite le secteur public, à la tête d'un EHPAD géré par un CCAS, avec deux fois plus de résidents.
Une manière de diriger
Sa pratique du poste porte la marque de son passage par le soin : il participe aux animations, accompagne les résidents en sortie, reprend des gestes de soin quand un effectif manque. Il l'assume comme un atout plutôt qu'une confusion des rôles : connaître le travail de ses équipes change la manière de l'organiser.
Sa ligne est constante depuis ses premières prises de parole : sans soignants, un EHPAD ne fonctionne pas. Tout le reste en dépend.